lettre ouverte d'une fan (des)enchantée

lettre ouverte d'une fan (des)enchantée
Qui suis-je? Pourquoi je vis? Comment grandir? Comment guérir? Toutes ces questions y répondrai-je un jour? Encore une qui reste pour l'instant sans réponse. Ces quelques lignes ne me permettront sûrement pas d'y répondre mais tout au moins peut-être m'aideront-elles à reprendre pied dans ce grand marécage qu'est la vie et dans lequel je crois m'enfoncer un peu plus chaque jour. Mes maux, bien qu'assez similaires, ne sont ceux de Baudelaire et mes mots ne peuvent égaler ceux de Hugo. Pourtant, je l'avoue, je me surprends parfois à rêver que je suis la George Sand du XXIème siècle qui serait capable d'exprimer ce Mal du Siècle qui me ronge.
J'ai longtemps affirmé que j'aimais trop les livres pour avoir l'envie d'en écrire un. Avec le temps, cette envie s'est faite trop pressante et cet élan de rédaction a été le seul moyen que j'ai trouvé pour exorciser mes angoisses adolescentes. Peut-être me permettra-t-il de colmater le trou béant qui fait saigner mon coeur jusqu'à le faire expirer. Mais bien avant l'écriture les Placebo m'ont permis en grande partie d'arrêter l'hémorragie; mais attention pas quelque "remède qui rassure, indépendamment de ses effets". Non non il s'agit bien içi d'une guérison par la musique et donc par le groupe éponyme à cet étrange phénomène médical: Placebo. Leur substance artistique à eux n'est pas restée sur moi inactive, bien au contraire. Placebo c'est à la fois l'un de mes plus grands bonheurs et l'une de mes plus grandes sources d'interrogations, de mystère. Car mystèrieuse finalement je suis.
Aux yeux de quelques personnes, je passe pour la déjantée farfelue, la marrante de service toujours prête à faire les quatre cents coups. Mais pour la majorité des gens de mon entourage je suis une jeune femme taciturne, toujours discrète, presque étrange, aimant le silence et la solitude. Sous la carapace, il y a toujours la petite fille apeurée par la vie qui voudrait retrouver son paradis perdu de l'enfance.
Je suis comme ce petit être accroché à son micro et qui n'a que son maquillage sombre et sa guitare pour camoufler son malaise. Lui...Lui il m'a involontairement aidée à amorcer ma remontée vers la lumière quand j'en avais le plus besoin. Lui il me permet inconsciemment de me (re)construire un peu plus chaque jour. Lui il est Brian Molko, mon double masculin, mon grand frère imaginaire. Si différents et malgré tout si semblables. Lui fût un ado secret qui eut tout pour être heureux mais qui justement n'aspirait pas à cette vie préfabriquée et qui souffrait en silence; car apparement cela ne se fait pas d'avoir un "bleeding heart" quand on est la personnification de la future réussite familiale. La famille, sujet complexe aussi bien pour Brian que pour moi. En effet nous sommes tous deux issus de lignées au sein desquelles les membres sont si hétéroclites que le petit dernier s'en retrouve irrémédiablement perdu. Vous ne pouvez alors que vous taire et attendre que votre malaise passe. C'est sûrement ça le problème: jouir d'une richesse matérielle et affective si grandes qu'elles finissent elles-mêmes par vous affecter.
Mais grâce à lui j'ai un peu moins mal au coeur car il a su exorciser les maux par des mots déposés sur quelques notes.
Cléo

# Posté le mardi 01 novembre 2005 17:15

Modifié le mardi 12 juin 2007 13:30

*Happiness is*

*Happiness is*
Happiness is living life to the full,
Happiness is feeling beautiful.
Happiness is being content with yourself,
Happiness is creating a wonderful life.
Happiness is managing to hide dark clouds,
Happiness is being in a confident mood.
Happiness is giving back to others what they gave you,
Happiness is becoming somebody new.
Happiness is trying to create new sentiments,
Happiness is being admired at management.
Happiness is never being alone,
Happiness is something that I've never known...
Cléo

# Posté le mardi 01 novembre 2005 17:23

Modifié le mercredi 02 novembre 2005 08:59

Toi, Cléobriana, Moi

Toi, Cléobriana, Moi
Cléobriana, l'autre moi qui ose dire tout ce que je n'ose pas
Cléobriana, quand je ne veux plus être moi, elle est toujours là
Cléobriana, parfois Molkita, en référence à ce petit androgyne qui m'a
redonné assez de forces pour croire en moi
Cléobriana, tel un miroir qu'elle me tendrait pour m'obliger à me voir
Cléobriana, témoin-traductrice de mes joies et blessures les plus profondes
à travers les ondes
Cléobriana, cet ego en lequel je pouvais croire
Cléobriana et ses grands yeux ouverts sur le monde
Cléobriana pour m'assumer sans pour autant être moi
Cléobriana qui m'a permis de connaître des amis en lesquels je crois
Cléobriana, merci à toi.

# Posté le mercredi 02 novembre 2005 09:00

insomnia of a soulmate ghost

insomnia of a soulmate ghost
Je pense. J'écris. Souvent pendant la nuit ; complice idéale pour pouvoir réfléchir sur la vie. Activité nocturne en réponse à la passivité diurne. Insomnie dans cette nuit qui m'apaise autant qu'elle me terrifie. Je la retrouve chaque soir comme d'autres retrouvent un amant, un mari. Seule la lueur dorée d'une bougie parfumée me raccroche à cette idée d'être encore en vie dans ce si grand lit. A cet instant, je n'ai qu'une envie : maculer cette feuille trop blanche dans cette nuit si noire. Ma plume se met alors à s'exprimer par et pour moi, noircissant les pages les unes après les autres, comme une revanche sur toutes ces fois où je n'ai voulu parler. Seul son petit bruit familier sur le papier commence à résonner pour m'aider, me réconforter. Car l'écriture, elle est toujours là quand il le faut ; telle une amie par défaut qui ne me trahirais jamais.
La nuit avance mais, encore, je pense. J'exorcise par l'écriture. J'aime ce sentiment de victoire sur moi-même. J'ai l'impression que le filtre à paroles qui s'invite en moi chaque journée se fait alors plus discret. Le stylo traduit mes plus profondes pensées sans que je ne puisse l'arrêter ; parce qu'il est mon épée et mon bouclier, parce que souvent je n'ai aucune envie de parler.
Le jour commence à se lever. Dans la psyché désormais je ne peux quitter du regard les deux étincelles dans les prunelles de cette petite fille intriguée. J'ai cru comprendre que ces lueurs qui m'observaient voulaient, et me couver, et m'encourager. En elles, je tentai de lire dans cette âme clignant à la fois obscurément de détresse et lumineusement d'orgueil. Mais que peut-il bien se passer de si extraordinaire dans ces grands yeux bleus ? Ce mystère, peut-être le comprendrai-je demain, durant cette autre insomnie que personne (et surtout pas moi) n'a jamais comprise. Je sais seulement que le petit être fantomatique que je redécouvre chaque soir sera toujours là quand il fera trop noir, avec son regard énigmatique et critique.
Cléo

# Posté le mercredi 02 novembre 2005 09:07

Modifié le dimanche 11 décembre 2005 16:21

à Charline

à Charline
Il y a ces mots, ces citations que l'on rencontre au détour d'une page, réelle ou virtuelle. Il y a ces phrases qui restent, juste comme ça, dans un petit coin de mémoire puis qui ressortent de leur cachette comme une évidence.

Réminiscence.

On ne sait trop pourquoi ; peut-être veulent-ils qu'on ne les oublie pas. Il y a des textes qui s'accrochent à la mémoire, qui parlent du désespoir, qui paradoxalement nous redonnent envie d'y croire.
Et bien les tiens sont de ceux-là ; ils ont fonctionné, m'ont parfois fait pleurer tellement ils sont remplis de vérité. Car oui, dès qu'on les découvre, on ne peut s'empêcher de les aimer. Tantôt chantant, tantôt pleurant. Parce que quand tu ne faisais pas couler tes veines, tu exorcisais en déversant le Spleen de ton c½ur saignant sur de fines lignes de feuilles de papier éparpillées. De si frêles lignes capables de supporter une si grande force d'écriture sont à ton image, petite fée, qui essaies de maîtriser de bien grands tourments. Petite fée, n'aie pas peur de tomber ; tu réussiras toujours à t'envoler. On le sent, tu le sais même sans te l'avouer. Comme toi je me fais souvent saigner au premier sens du terme. Mais tu m'as prouvé qu'avec l'écriture on peut aussi être guéri : merci.

Ce soir je griffonne ce texte, entourée de tout ce noir en me disant que sûrement toi aussi dans cette lointaine proximité tu gribouilles pour tenter de mieux respirer. Emmitouflée, en sécurité au fond de ce trop grand t-shirt « Sleeping with ghosts , Placebo » je te dédicace ces quelques mots.
Ce soir le petit prince semble me parler, il me rappelle que c'est lui qui a fait que nos chemins se sont croisés. Son influence, à la manière de la tienne, jamais je ne pourrais les oublier.

Pour tout ce que vous m'avez apporté, pour ce que je vous ai aimés.
Cléo

Pic: Molk's webcam
Model: Molk's herself

# Posté le mercredi 02 novembre 2005 15:33

Modifié le mardi 12 juin 2007 13:30