Mutisme, égoisme?

Mutisme, égoisme?
Parce que j'ai toujours été taciturne
Parce qu'Il dérange de nombreuses personnes
Parce que je ne le considère pas comme un défaut
Parce que d'autres s'expriment plus qu'il ne faut
Parce que vos questions à mon sujet me font marrerParce que je ne veux changer pour plaire à la sociétéParce que j'ai toujours caché mes sentimentsParce que personne ne me comprend vraimentParce que les paroles peuvent vraiment faire très malParce que le monde est déjà assez sale
Parce que je préfère entendre qu'être écoutée
Parce que plus vous m'interrogerez, plus je me tairaiParce qu'il est peut être un appel au secoursParce qu'un long silence vaut mieux qu'un court discoursParce qu'il me permet de crier ma souffranceParce qu'il est mon compagnon pendant mes jours d'erranceParce qu'il me permet de toujours me distinguer
Parce qu'il est devenu mon invisible allié
Parce qu'il est là quand le bonheur m'inonde
Parce que je ne veux pas être comme tout le mondeParce qu'il traduit ce qu'il y a dans mon c½urParce que forte à l'extérieur et fragile à l'intérieurParce que c'est ma façon de me faire remarquerParce que se taire c'est aussi s'exprimerParce que beaucoup ne comprennent pas que cela ne s'explique pas
Parce que je suis MOI et que PERSONNE ne me changera !!Cleo

# Posté le dimanche 06 novembre 2005 05:41

rêveries

rêveries
Quelques notes de musique qui s'envolent par la fenêtre toujours ouverte de la boite de mes cris d'adolescente. Légèreté presque insultante face à cette lourdeur dans l'écriture ; pourtant que je les aime ces quatre murs...Tant de ratures pour tenter d'illustrer ce que justement je n'arrive pas à exprimer. Je me mets à chanter parce que je ne peux m'en empêcher, parce que je voudrais que mes pensées elles aussi puissent s'évader par la fenêtre. Chanter car ceux qui ont posé ces mots si forts sur ces notes si éphémères et bien, eux, ils y sont arrivé ; à s'exprimer. Moi j'en suis réduite à devoir leur emprunter toujours avec ce bonheur de les aimer. Et c'est pour cela que j'aime m'y réfugier, m'y enfermer dans cette tour d'ivoire matins, midis et soirs. Là-haut le Temps s'arrête...plus personne pour voir ce capharnaüm dans ma tête...Mais je chante encore et toujours pour me persuader que l'on veut m'écouter. Pour dire que malgré mon échappée dans la rêverie, je ne suis pas tout à fait partie. Chanter mais en anglais pour qu'ils, Maman et Papa en bas devant la télé, m'entendent sans me comprendre. Toujours cette putain de fierté qui voudrait les impressionner. Putain de trop plein de vanité qui n'attend que de m'exploser en pleine face pour ne plus avoir à se cacher derrière cette carapace. Carapace que je déforme, que je torture comme mon âme en ingurgitant tous ces bonbons colorés pour ensuite mieux les recracher tantôt par la bouche tantôt par la peau, soit des nausées rejetées soit des séries d'abdominaux qui traduisent aussi ma prédisposition mazo. Pourquoi faire ça ? Pourquoi moi ? Ce moi que je remets à chaque instant en question. Jusque dans ma chambre je joue des personnages, me met en scène comme pour dire que j'ai besoin d'être aimée, d'être laissée. Mon problème : sûrement ne pas vouloir que l'on me connaisse pour moi-même « le paradoxe ambulant » comme mes amies me surnomment souvent. Les amies, peuvent-elles se rendre compte rien qu'un instant des dilemmes que je subis mais que j'aime, du poids de la réalité qu'elles semblent ignorer ? Non je ne crois pas qu'elles le puissent, parce qu'elles vivent dans cette sorte d'innocence que j'aimerais connaître mais qui me terrifie aussi. Non. Personne ni même moi ne me connaît.
Peut-être parce que je passe beaucoup plus de temps avec leurs six prunelles à eux, mes anges, mes dieux, qu'avec elles. Comme elle est étrange cette relation à sens unique mais tellement intense. Regards rivés à longueur de journées sur les posters où tels des papillons ils sont déposés pour la postérité. Pour cela que je me théâtralise en permanence, comme s'ils pouvaient m'aimer au travers de fines feuilles de papier. Pour cela que j'aime tant y rester dans ma tour d'ivoire, pour les retrouver, me confier par la pensée en sachant pertinemment que je ne pourrais être jugée. Opter pour cette étrange facilité. Parce que eux ils me font voyager par leurs cds. Avec eux je me sens supportée, écoutée, aimée. Et bien, oui je le dis, je ne peux m'empêcher de les aimer. Ils m'ont réveillée d'un trop long malaise, ne vous en déplaise.

Cleo

# Posté le vendredi 11 novembre 2005 05:47

Modifié le lundi 28 novembre 2005 12:26

Live8, review d'une journée tourmentée

Live8, review d'une journée tourmentée
Cette journée du 2 juillet avait si bien commencé que jamais je n'aurais imaginé comment elle allait se terminer. Ou peut-être n'ai-je pas voulu imaginer.

Quand je suis arrivée, le soleil brillait, le château étincellait, le show se préparait, sur toutes les lèvres le mot "solidarité" se dessinait. Un petit détour par une allée annexe à l'entrée principale me permit de récupérer le fameux bracelet fluoré que je voyais briller à de nombreux poignets. Armée du "kit de survie" de tout fan qui se respecte (soit bouteille d'eau, stylo et autre appareil-photos) je me frayai avec ma petite taille et ma grande gueule un chemin vers le bonheur. A une trentaine de mètres de la scène dorée, j'élus domicile et patienta calmement pendant de longues et pourtant si courtes heures. Les artistes se succédaient et nous offraient du bonheur à l'état pur: The Cure, Muse, Noah, Shakira, Calogero mais toujours pas de Placebo.

Plus les minutes s'écoulaient telles les grains d'un sablier, plus je sentais mes espoirs s'envoler. 22heures. Il faut rentrer avant que le le dernier RER ne me passe sous le nez. Le coeur emprisonné dans sa cage thoraxique, je pris alors mes jambes à mon cou et m'enfuis au plus vite de cette ambiance euphorique. Tant bien que mal, je me trouvai une petite place dans le wagon bondé. Des groupes d'ados criaient, se racontaient leur merveilleuse journée; des étoiles étaient encore accrochées dans leur yeux depuis le passage sur scène de leur idole, à eux. Moi, mes stars, je les avais oubliées au beau milieu de 220 000 heureux. Elles étaient sûrement là-bas, quelque part en présence des trois archanges que depuis de longs mois je désirais voir. Et moi je ne pouvais que rester là, dans ce wagon entièrement déterioré par le poids des années. Mon compagnon d'infortune fût un vieil homme, arrivé devant moi d'on ne sait où, et qui, lui aussi, paraissait par la vie un tantinet dépassé. Au gré des stations, nous tentâmes de nous épauler. Le mot "frustration" semblait avoir été inventé pour l'occasion. Nous nous écoutions mais sans vraiment y prêter attention. Mais je le vis s'éloigner comme il était arrivé dans cette nuit qui me parût plus noire que toutes celles que j'avais déjà traversées. Puis je me retrouvais également projettée dans cette obscurité à attendre patiemment un taxi qui me ramènerait vers la réalité. Et c'est ainsi que quelques instants suivants Paris la dynamique se déployait sous mes regards mélancoliques. Le trajet me parût interminable; j'étais comme écartelée par des sentiments opposés l'un ne voulant être arraché à cette superbe journée, l'autre n'attendant que de finir cette épuisante soirée. Fatigue, frustration, déception, bonheur, mélancolie; tout cela fit qu'en cet instant je sentis que je n'avais plus que mes yeux pour pleurer. Les fines gouttes de malheur qui perlaient sur mes pommettes rougies par le froid commencèrent à se refléter sur la vitre du taxi. La radio, elle, distillait un vieux morceau jazzy qui collait parfaitement à mon état d'esprit.

23h30. Au moyen du peu de forces qui me restent, je cours dans l'escalier, actionne la clef, m'effondre sur un gros oreiller et me précipite sur le poste de TV. Et là, je me refais la journée avec la capture de tous les meilleurs moments. Je veille ainsi sans vraiment regarder, perdue dans mes pensées. Puis un long riff familier retentit sous mon nez. Je me rapproche encore plus de la TV. C'est comme s'ils étaient tout près. Stef menant sa ligne de basse impeccablement, Steve restant comme caché derrière ses caisses discrètement et Brian lançant des slogans de solidarité avec son charisme et sa voix métallique que nous aimons tant.

Et puis voilà, eux aussi finissent par être engloutis dans un "make poverty history"par la grande dame nocturne...qui enlève aussi au monde un enfant noir toutes les trois secondes.
Cléo

# Posté le samedi 12 novembre 2005 09:16

Modifié le vendredi 22 juin 2007 07:16

Petit(e) androgyne

Petit(e) androgyne
L'androgyne, il a cette force, ce courage de ne pas renier qui il est. Il a cette délicatesse dans chacun de ses gestes, petite princesse. Ambigu jusque dans son qualificatif : ni elle ni lui, tout lui, tout elle. Parce qu'il n'a pas envie de s'enfermer sous une étiquette trop restrictive pour sa personnalité bien trempée. Juste rester lui ; lui qui permet à « androgyne » de rimer avec féminine aussi bien qu'avec masculine. Ambivalence des sens. Il a cette élégance, cette chance.

Briana ; toi, avec cette si grande part de femme dans un si petit mec. Briana, un jour deviendra papa. Briana, je crois, ne reviendra pas.
Je ne te connais pas bien que l'on m'eut beaucoup parlé de toi. Seuls de nombreux clichés de cette période fragmentée m'ont permis de m'intéresser, intriguée, de t'apprécier, charmée, de t'aimer, envoutée...Mais voilà le Temps va et toi, Briana, tu es partie avec lui en refermant ce chapitre de ta vie en délaissant maquillage, coupe au carré et petites robes colorées. Sexualité débridée elle aussi terminée ; tu as pourtant réussi à faire de ton instabilité névrotique une totale liberté. Beauté artistique, magnifique, devenue mythique.

Briana, tu as refermé la porte de ton ambiguïté et en a avalé la clef...

Cleo

# Posté le dimanche 13 novembre 2005 09:10

Modifié le mardi 12 juin 2007 13:30

#Been smoking too long#

#Been smoking too long#
Fumer. Comme avec sadisme, pour la voir se décomposer; la mépriser mais sans pouvoir s'en séparer.
Elle se consume pour toi mais c'est elle qui te pourrit à l'intérieur.
Tu condamnes ton coeur juste pour quelques minutes de torpeur à la recherche du bonheur. Pourtant, ce dernier, n'est-il pas ailleurs ?
Ton cerveau apparaît désormais tel un cendrier puant la fumée et que tu te refuses de vider.
Une traîtresse que tu aimes comme une maîtresse.
Toi, condamné suicidé, sache qu'elle est le reflet de ta peur à affronter la réalité à tout moment de la journée.
Parce que justement, elle est un problème que tu ajoutes à tous les autres ; parce qu'inconsciemment tu deviens un autre.

Avec masochisme et égoïsme, tu tires un trait sur plusieurs années de ta vie. Penses-tu pendant ces moments-là à tous ces gens qui n'ont rien demandé, à tous ces enfants prisonniers de leur enfer blanc, décimés par le temps ? Eux aussi ont quelques jours, mois, années de sursis. Mais, eux, ne l'ont pas choisi. Et toi, tu te fous des avis et joues avec ta vie.

Tu te fais mal, physiquement, mentalement, tu le sais et pourtant tu te refuses d'arrêter. Totalement contrôlé. Comme si tu voulais que l'on te plaigne pour cette dépendance. Avec arrogance tu dis être devenu prisonnier de toi-même. Penses-tu au moins aux gens qui t'aiment ?

Tu ne peux plus t'en empêcher, tu le fais, tu te surprends à culpabiliser. Ta conscience tu voudrais et l'écouter et la museler. Et dire que c'est ta vie qui part en fumée.

Je voudrais seulement t'aider mais tu préfères refuser. Ne crois pas que tu pourras racheter ma pitié. Tant pis si je t'ai blessé. J'aurais juste souhaité te faire réaliser tout ce que tu es en train de gâcher. A ta cigarette je voudrais t'entendre dire « arrête ». A mes yeux tu es devenu un malheureux martyr.
A toi maintenant de réfléchir...
Cleo

# Posté le lundi 14 novembre 2005 16:23

Modifié le samedi 19 novembre 2005 17:47