« Retour au blog de cleobriana

insomnia of a soulmate ghost

insomnia of a soulmate ghost
Je pense. J'écris. Souvent pendant la nuit ; complice idéale pour pouvoir réfléchir sur la vie. Activité nocturne en réponse à la passivité diurne. Insomnie dans cette nuit qui m'apaise autant qu'elle me terrifie. Je la retrouve chaque soir comme d'autres retrouvent un amant, un mari. Seule la lueur dorée d'une bougie parfumée me raccroche à cette idée d'être encore en vie dans ce si grand lit. A cet instant, je n'ai qu'une envie : maculer cette feuille trop blanche dans cette nuit si noire. Ma plume se met alors à s'exprimer par et pour moi, noircissant les pages les unes après les autres, comme une revanche sur toutes ces fois où je n'ai voulu parler. Seul son petit bruit familier sur le papier commence à résonner pour m'aider, me réconforter. Car l'écriture, elle est toujours là quand il le faut ; telle une amie par défaut qui ne me trahirais jamais.
La nuit avance mais, encore, je pense. J'exorcise par l'écriture. J'aime ce sentiment de victoire sur moi-même. J'ai l'impression que le filtre à paroles qui s'invite en moi chaque journée se fait alors plus discret. Le stylo traduit mes plus profondes pensées sans que je ne puisse l'arrêter ; parce qu'il est mon épée et mon bouclier, parce que souvent je n'ai aucune envie de parler.
Le jour commence à se lever. Dans la psyché désormais je ne peux quitter du regard les deux étincelles dans les prunelles de cette petite fille intriguée. J'ai cru comprendre que ces lueurs qui m'observaient voulaient, et me couver, et m'encourager. En elles, je tentai de lire dans cette âme clignant à la fois obscurément de détresse et lumineusement d'orgueil. Mais que peut-il bien se passer de si extraordinaire dans ces grands yeux bleus ? Ce mystère, peut-être le comprendrai-je demain, durant cette autre insomnie que personne (et surtout pas moi) n'a jamais comprise. Je sais seulement que le petit être fantomatique que je redécouvre chaque soir sera toujours là quand il fera trop noir, avec son regard énigmatique et critique.
Cléo

# Posté le mercredi 02 novembre 2005 09:07

Modifié le dimanche 11 décembre 2005 16:21

« Article précédent : Toi, Cléobriana, Moi

Article suivant : à Charline »