ce corps, encore

ce corps, encore
Mains glacées sous des mitaines toujours emmitouflées ; ongles rongés qui cherchent désespérément à se cacher ; cordes vocales souvent coupées, en grève, débranchées ; gencives ensanglantées qui se mettent à couler ; yeux totalement myopes constamment fatigués ; c½ur par des palpitations fréquemment malmené ; jambes sous de trop amples vêtements dissimulées ; cerveau perdu dans ses très nombreuses pensées.Vernis écaillé sur de songles rongés et mains lacérées; c'est l'artificiel qui ne peut plus cacher la vérité.

Qu'est ce qu'elle est cette étrange volonté que de souhaiter que le sang de son « bleeding heart » déborde ? Mais c'est quoi cette horrible impression de n'être qu'un corps en attente de décomposition ? Pourquoi quand les larmes ne veulent plus couler c'est le corps entier qui se met à pleurer ?
Pour toujours cette phrase gravée dans ma vie : « Ta maladie ? L'hypocondrie. »

« Non. Interdiction désormais de râler. Plus le droit de te plaindre. Tout va bien, quoi que tu en dises. Quand même, elle est spéciale cette détermination à se chercher et s'inventer des maladies qui ne viennent jamais te trouver. Vous le connaissez, vous, ce sentiment d'être si mal dans la banalité que vous en viendriez à souhaiter de devenir corporellement différent ?
Des raisons? ne cherche pas ; t'en as pas. Tais-toi ! »

_________Cléobriana_________

# Posté le jeudi 22 décembre 2005 10:51

Modifié le vendredi 22 juin 2007 09:18

Journée d'hiver

Journée d'hiver
Regarder la neige flotter, s'envoler, se déposer à travers les prés. Rester derrière la fine plaque de verre qui pendant ces moments semble acquérir la robustesse d'une forteresse. Ecouter le sifflement du vent qui s'engouffre dans la cheminée. Repenser à cet instant passé quand tu entendais le craquement léger de la blanche poussière éphémère gelée sous tes pieds. En frissonner ; emmitoufler ton petit nez dans ton écharpe qui sent encore quelque peu la fumée. Couleur de neige réconfortante mais lumière aveuglante qui fait que tu sens tes yeux se fermer. Malgré tout l'aimer cette sensation et lutter, juste pour encore rêver. Espérer et déjà regretter cette neige qui bientôt va s'en aller. Peu importe car peut-être y penseras-tu pendant l'été, sûrement l'attendras-tu toute l'année. D'ici-là, continuer de voyager en regardant les prés enneigés.
Cléo

Pic: Blacky
Model:Blacky

# Posté le mardi 27 décembre 2005 09:23

Modifié le mardi 27 décembre 2005 09:34

...Minuit; une nuit...

...Minuit; une nuit...
« Demain sera toujours un autre jour » m'a-t-on dit. 00heure00 ; instant présent. J'attends. J'attends le Temps, je l'entends : tic tac angoissant dans la petite boite vide à côté de moi. Pas si vide que ça finalement puisque contenant passé, futur, présent. Elles me font peur ces aiguilles qui se déplacent comme des anguilles. Petite, je le sais que j'ai eu du mal à les déchiffrer, elles et leurs mouvements d'éternité. Inconsciemment sus-je que plus tard elles seraient en partie les coupables de ma nervosité. Drôle d'idée que ce Temps inventé par la société.
Alors tenter de la capturer la seconde d'éternité et la coucher sur le papier. Mais dites-moi qu'est ce qui va changer hein ? Et bien rien. Seul le tic tac qui va résonner pendant toute la nuit dans ma tête sans que nul ne l'arrête.

Hier est toujours là ; demain je ne m'en souviens pas. La lune scintille encore avec sa respectable, son inimitable élégance au dessus des toits...de toi là-bas...de moi dans ce froid.
Une mesure de batterie, une note de guitare, un mot de Placebo, « never », à cette seconde. Hasard ce soir ou pure envie d'y croire. Oui, croire que le Temps ne s'arrêtera jamais et que « we will never sever ». Il est l'heure, je me meurs, je pleure sans avoir d'autre explication à cela que celle d'être moi...sous un toit...loin de toi. Pensée pour cette nuit où nous étions pour la première fois sous la lune réunis. Minuit...une nuit...sous la pluie. Je souris.
00heure01. Rien n'a changé si ce n'est le fait, la fierté obtenue durant un instant, d'avoir communié avec le Temps.

°.° Cléobriana °.°

# Posté le samedi 31 décembre 2005 12:50

résolutions 2006

résolutions 2006
1/Non, je ne me rongerai plus les ongles

2/Oui, j'arrêterai de faire la lunatique hypocrite

3/Non, je ne dévoilerai pas mes textes à mes proches avant qu'ils ne soient terminés

4/Oui, je serai plus gentille avec mon ordi

5/Non, je n'exploserai plus mon forfait de portable

6/ Oui, je ferai toujours honneur à la communauté blonde ^^

7/Non, je n'échouerai pas au bac

8/Oui, je participerai en cours d'espagnol « un poquito »

9/Oui, je tiendrai ces bonnes résolutions
10/Non, je ne recommencerai pas l'année prochaine

Cléo

# Posté le dimanche 01 janvier 2006 05:43

§ brain paralysis 'cause of dull habits §

§ brain paralysis 'cause of dull habits §
Cours de latin en cette première heure du lundi matin. Il fait froid, la moquette dégage son insoutenable odeur de renfermé, le néon juste au dessus de nos têtes a bien du mal à rester allumé. Comme nous, sûrement qu'in n'est pas franchement motivé pour travailler.
Au bout de la rangée de tables alignées, moi, j'ai juste envie de m'évader. Et ça ce n'est pas vraiment compliqué ; suffit de demander. Le moindre prétexte est chaleureusement accepté. Panne d'encre du stylo qui ne veut plus cracher un seul mot. Gestes lents mais précis dans mon apathie histoire de faire « comme si », au cas où l'attention de mademoiselle Latinus se porterait sur mes illégales activités. Le pauvre stylo a bien du mal à redémarrer ; pas grave, je suis habituée. Petit mouvement de l'avant bras maîtrisé qui se promène de la hauteur du nez jusqu'à toucher le papier. Quelques éclaboussures se parsèment sur la feuille maculée. L'encre qui coule sur mes mains est un peu le sang noir que je déverse à tout instant au fil des kilomètres de lignes bleutées.
Et là, c'est moi qui n'ai pas de chance. Miss Latinus a une soudaine envie de récitation de la cinquième déclinaison. Le temps s'arrête, les mots se bousculent dans ma tête... « Res, res, rem, rei,... »récitais-je avec monotonie... C'est marrant le latin finalement : ça fait prendre cette espèce de petit accent qui chante comme le vent. Zut ! Il est passé où ce datif pluriel ? Je farfouille dans mon cortex, ouvre un à un tous les tiroirs de mon cerveau, referme celui de philo comme celui de Placebo. Tout au fond à droite : latin. Troisième boite en partant du haut puis cinquième compartiment...aie aie aie j'ai la mémoire qui défaille car surchargée de travail.
La puissante sonnerie retentit. L'étincelle de malice dans mon regard se rallume instantanément et mon grand sourire plonge miss professeur dans un profond soupir. « Rerum ! », ça y est je l'ai retrouvé. Victoire improbable ce matin sur moi-même. Soulagée et tous les autres enchantés, nous sommes autorisés à nous lever pour filer après avoir prononcé le traditionnel « Vale ».
La journée peut dès lors commencer.

Cléo


pix: "Absence"
http://esceden.deviantart.com

# Posté le lundi 09 janvier 2006 13:38

Modifié le lundi 09 janvier 2006 13:50