diminution de vue...perte de vie

diminution de vue...perte de vie
*j'ai 18 ans et des yeux de cinquantenaire pourtant*

Ni de loin ni de près,mes yeux savent de moins en moins mesurer. Et c'est leurs unités qui s'enfoncent de plus en plus dans les abîmes de la négativité : -5.50 pour le gauche ; -4.75 pour le droit. Je n'arrive presque plus à apprécier ce que je vois. Pourquoi, alors que personne dans ma famille n'y a droit, moi, à mon âge, je dois supporter ça ? Je me sens tellement dépendante de ces quelques millimètres de verres déposés, appliqués sur chacune de mes cornées. Je suis de plus en plus enfermée dans ma cécité. A chaque fois que j'ôte les indispensables corrections, c'est comme si le monde qui m'apparaît désormais tel un gros oreiller ne cherchait qu'à doucement mais sûrement m'étouffer. La traîtresse obscurité chaque jour toujours plus inexorablement se glisse dans mes prunelles désespérées. Et quand j'ouvre les yeux, c'est en eux qu'il pleut. Un jour eux vont définitivement se couper de l'altérité et en ce jour, je le sais, ils ne me serviront plus qu'à pleurer. Inlassablement, de plus en plus souvent, fréquemment, je me noie dans les larmes qui bientôt deviendront me seules armes : car oui aujourd'hui je suis définitivement condamnée à supporter la pitié que cette infirmité va inspirer.

« tu l'as bien mérité »

Je ne distingue même plus quelque visage ou paysage ; prisonnière de mes mirages...

« si je perds la vue, je n'aurai plus envie de vie »

*j'ai 18 ans et des yeux en verre blanc*

Cléo

# Posté le mercredi 15 mars 2006 15:25

Modifié le mardi 12 juin 2007 13:30

Une soirée pour un texte sans grand intérêt

Une soirée pour un texte sans grand intérêt
Ce soir le temps se suspend. Le moindre élément est blanc dans le présent,
derrière la vitre au dehors, mais aucunement en dedans. Aujourd'hui je me suis encore toute de noir vêtue ; paraît-il que ce n'est pas vraiment conseillé pour que je retrouve une once d'espoir. Tant pis au moins c'est ainsi que je me sens le mieux, jusque sous ces sombres paupières qui trahissent la mélancolie du bleu de mes yeux. Au moins sous cette enveloppe couleur corbeau sont un peu dissimulés tous ces perturbants défauts.


Ce soir j'ai écouté de la variété. Je lui trouve toujours aussi peu d'intérêt mais j'apprend doucement à l'apprécier.

Ce soir je pense à toi, à cette étrange relation que depuis tant d'années nous entretenons. Je voudrais ne plus avoir à jouer avec toi comme ça. Pourquoi ce blocage qui fait que je n'arrive à te dire en face que je voudrais être pour toi telle une petite soeur qui partagerais tes plus infimes malheurs et tes plus grands bonheurs ? Rien de plus. S'il te plait, ne me demande plus d'être ce « tu » pour raccrocher à ton « moi » bien que tu sois déjà une grande partie du mien, toi. Ne nous oublions pas là où nous ne devrions peut-être pas.

Ce soir mon téléphone portable n'a ni vibré ni sonné. Les autres, eux, savent s'occuper et ne font pas qu'attendre un appel désespéré. Sûrement que tous ces « contacts » je ne les mérite pas. Je les aime en tous cas.

Ce soir j'ai une forte envie d'écouter murmurer la voix plaintive de ce si familier « Peeping Tom » et son tempo envoûtant qui semble vouloir nous faire partager son triste désarroi en dépit de tout, en nous suppliant d'apprendre à le comprendre. Ce soir je me sens un peu, vraiment comme lui, à essayer de cerner le pourquoi du comment de la vie et des gens.

Car ce soir je regarde la nuit noire et ai vraiment envie d'y croire.

~Cléobriana~

# Posté le samedi 25 mars 2006 14:27

Modifié le mardi 12 juin 2007 13:30

the Death of Nancy Boy

the Death of Nancy Boy
Les yeux collés et les poignets ensanglantés étalés sur le carrelage encore frais au blanc immaculé, son regard s'égare presque volontairement sur la lame du rasoir en acier qui l'a aidé à se supprimer. Il y a ses veines déchiquetées comme sa peine, il sent son coeur à l'intérieur qui, de plus en plus abondamment, propulse son liquide dans la baignoire vide. De l'autre côté de ses yeux embrumés il entrevoit le vernis noir brillant encore aux bout de ses longs doigts impeccablement manucurés. Il y a cette fragilité froissée, cette détresse désespérée, cette frustration que de s'être à ce point senti renié et rejeté de la société, cette amertume, habituelle amante du suicidé. C'est pourtant ce dernier qui devrait plus que tout autre être aidé et raccompagné vers la réalité. Dans le miroir il entrevoit son regard toujours plus vide d'espoir ; seul il ne peut plus y croire. Il ne veut plus, il ne peut pas, il désire s'en aller en se disant qu'au royaume des chérubins ailés il aura enfin quelque chose de vrai à prouver. Dans l'évier il continue de se vider. Insupportable nausée. En proie à un semi-coma, il perçoit encore une dernière fois la déchirante lamentation dans sa voix. Il aurait tant voulu redire au monde qu'il était là.

Paradoxalement, lui, il est celui qui aurait le plus eu envie de vie. C'est juste qu'il n'a pas eu le même sens du mot « existence » que l'humaine communauté. Dire que c'est cette dernière-même qui aurait souhaité, s'il s'était raté, le faire culpabiliser pour ensuite encore mieux le condamner. Mais lui s'en fout; un doigt tendu bien haut, personne dans le hameau. Il sourit dans un ultime soupir. Puis expire. Mort mais encore si fort face à cet oppressant sort.


[Let him fucking angels]

Cléobriana

# Posté le samedi 01 avril 2006 11:27

PourQuoi tant de pOURqUOI

PourQuoi tant de pOURqUOI
Pourquoi j'écris de moins en moins ? Pourquoi je ne prend même plus le temps d'analyser tous ces monceaux de sentiments ? J'en ai encore et toujours besoin malgré tout. Pourtant, soi-disant manque de temps. S'écrire des monologues à soi-même et se dire que peut-être que quelqu'un les aime; ne suis-je donc plus la même ? Mais à quoi peuvent bien servir toutes ces pages trop souvent remplies de chagrin ? Rien.
Qu'est ce que cette arrogance que de se dire que des gens vont prendre le temps de lire les banals états d'âme d'une femme-enfant qui ne sait plus vraiment où elle en est, ce qu'elle pourrait encore bien leur raconter ? Je me parle déjà tellement souvent à moi-même que c'est comme si il n'y avait plus rien à partager avec les autres. Démarche purement égoïste ou déduction trop simpliste ? Aucune idée exceptée la peur de peut-être trop les déranger. Tenter d'écrire l'obscure nécessité. Ca tiraille à l'intérieur, en tous sens, dans le coeur. Je m'égratigne ; j'écris ma peine avec l'encre de ce cerveau qui saigne. Je m'entraîne. Alors inlassablement, elle joue quand même avec les mots, elle ne fais que du faux.


Comment réorganiser toutes ces pensées ?Où trouver la clef de mes secrets ? Je voudrais tant encore parvenir à aligner les syllabes comme les grands-mères mettent inlassablement en ordre des rangées de tricot. Que j'aimerais la retrouver cette période...les mots qui se bousculent à la porte de l'esprit, portée par la folie d'écrit, j'inscris, je vis....Est-ce déjà fini ? Est-ce vrai que toutes les passions sans aucune exception s'en vont ? N'ai-je plus vraiment autant envie de courir plus vite que les pensées pour les capturer ? Suis-je déjà trop essoufflée ? N'y a-t-il donc plus cette volonté que d'anticiper le cours de la destinée et d'essayer de la rattraper ?

Non. Je ne veux plus vivre au ralenti. Finie l'apathie face à la vie.
Car cette période à orthographier sûrement qu'elle reviendra. En tous cas j'y crois.
Elle est là... « ne pars pas »...pour toujours en moi.

cLEObRIANA

# Posté le samedi 08 avril 2006 09:21

Modifié le samedi 08 avril 2006 09:40

16-04-06

16-04-06
Un dimanche pluvieux qui n'en finit pas
Une CléoBriana qui se demande ce qu'elle fait là
Un torticolis d'avoir si mal dormi
Une autre insomnie
Un silence inexplicablement chagrin
Un si beau givre ce matin
Un teint peu frais dû à la grasse matinée
Une inexplicable envie de chanter
Une jeune femme se baladant dans les méandres de son âme
Un nouveau corps de femme
Un cahier où récolter toutes ses pensées
Une immobilité dehors frôlant le parfait
Une goutte d'eau merveilleusement bleue
Une perle de pluie dans le bleu de ses yeux

Cléo

# Posté le dimanche 16 avril 2006 07:04

Modifié le mercredi 27 juin 2007 01:45